Gérald Panighi

Gérald Panighi

Gérald Panighi

Quelques taches d’huile, un vieux papier, un dessin tiré des tréfonds d’un vieux bouquin, rien ne semble troubler le regard du spectateur. Néanmoins, par-delà l’évidence formelle, s’impose, large et grave, une phrase réduite à quelques mots qui vient percuter irrémédiablement la quiétude plastique de l’oeuvre. Là où l’on se tromperait à ne retrouver qu’un « énième » Magritte, l’on contemple en vérité un Gérald Panighi. L’artiste niçois, à l’accent mentonnais et au caractère corse, porte un regard acide sur la société actuelle. Que ce soit à l’occasion de la lecture d’un fait divers, d’un forum en ligne consacré à l’alcoolisme ou aux subtilités du divorce, l’artiste se fait un malin plaisir à extraire des bribes de propos pour les rattacher à une image, en créant de facto un décalage conceptuel, qui laisse éclater toute la violence de notre époque. Car, au-delà le spectacle d’un monde en éternel représentation, entre asepsie et angélisme, se cache une vérité plus crue que Gérald Panighi met en lumière avec brio. Ne nous fourvoyons cependant pas. L’artiste ne dénonce rien, et n’investit pas le champ du « politique ». Sa seule arme est l’ironie et un regard amusé sur les turpitudes de ses contemporains. Le propos, tout comme la gestion de l’espace est intelligent, si bien que l’on est d’emblée séduit par cette Oeuvre acide, au point que l’on ne saurait s’en lasser…